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70ème anniversaire de la « rafle du Vel d’Hiv » : la France assume son histoire et se bat contre l’antisémitisme. [ de ]

Pour la première fois depuis 17 ans, un président de la République française a fait un discours au Vélodrome d’Hiver, pour commémorer la plus importante rafle française de juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Et pour la première fois, il s’agit d’un président socialiste. Rompant avec la ligne de François Mitterrand, qui, suivant l’exemple du Général De Gaulle, ne considérait pas la France comme responsable des persécutions, le président de la République a clairement déclaré vouloir se placer dans le droit fil du discours prononcé par Jacques Chirac au même endroit le 16 juillet 1995. Celui-ci avait en effet été le premier président français à reconnaître la responsabilité de la France dans la déportation de nombreux juifs et « la faute » de la rafle du Vel d’Hiv « avec lucidité et courage », ainsi que l’a rappelé l’actuel président dans une forme d’hommage. « Nous devons la vérité sur ce qui s’est passé il y a 70 ans. La vérité, c’est que le crime fut commis en France par la France », a affirmé le président de la République, ajoutant que « pas un soldat allemand ne fut mobilisé pour cette opération ».

Le président de la République a soulevé le double enjeu de cette commémoration : il s’agit de lutter contre l’oubli de ces crimes, et de faire barrage à l’antisémitisme, qui est une réalité toujours actuelle. « Je ne me résignerai pas à ce que deux jeunes Français sur trois ne sachent pas ce que fut la rafle du Vel d’Hiv », a ainsi affirmé le chef de l’Etat, faisant référence à un récent sondage commandé par l’Union des Etudiants Juifs de France. Estimant que « la Shoah n’est pas l’histoire du peuple juif mais l’Histoire, notre histoire », le chef de l’Etat a dit sa détermination à ce que la mémoire de ces événements soit transmise et demeure vivace. « Il ne doit pas y avoir un seul établissement où cette histoire ne soit pleinement entendue, respectée méditée », a-t’il déclaré, alors que depuis plusieurs années, des professeurs d’histoire-géographie ont fait part de leur difficulté d’enseigner ce chapitre de l’histoire, notamment dans les banlieues. Le Président l’a assuré : "Il n’y aura pas, dans la République française, de mémoire perdue ».

Après avoir fait part de sa ferme intention de lutter contre l’oubli, le président de la République a souligné la nécessité du combat contre l’antisémitisme : « ce n’est pas une opinion, c’est une abjection ».

Discours du président de la République, M. François Hollande

Photo © Présidence de la République L. Blevennec, C. Alix, P. Segrette


Dernière modification : 26.07.2012

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