Cinq questions à Jean-Claude Brunet, Consul général de France à Munich

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- En cette rentrée 2016, que souhaitez-vous dire à nos compatriotes ?

Je leur souhaite très chaleureusement une excellente rentrée !
L’année 2016-2017 va nous apporter de nouvelles occasions de nous rencontrer et en particulier de partager un moment fort dans notre vie citoyenne commune, celui des échéances électorales du printemps 2017.
Je rappelle ainsi à tous les compatriotes de notre circonscription (Bavière et Bade-Wurtemberg) à vérifier qu’ils sont bien inscrits sur la liste électorale (ils peuvent le faire encore jusqu’au 31 décembre de cette année).
L’importance et la vitalité de notre communauté en Bavière et au Bade-Wurtemberg n’est plus à démontrer. Près de 46 000 de nos concitoyens se sont enregistrés au registre consulaire. C’est une communauté qui ne cesse de croître. 6 % des inscrits sont installés depuis moins d’un an. Je note également la diversité des profils : étudiants, entrepreneurs, restaurateurs, enseignants ou ingénieurs, etc. Cette population constitue une richesse pour notre pays, un pont entre l’Allemagne et la France.

La croissance de cette communauté rend le travail consulaire plus exigeant. Sur cette grande circonscription de 107.000 km2, le Consulat doit assurer notamment des tournées consulaires à Stuttgart, Fribourg et Karlsruhe, bientôt aussi à Friedrichshafen sur le lac de Constance. En 2015, nous avons délivré plus de 3000 passeports, 3200 cartes d’identités, et fourni aide et conseils (par exemple sur les retraites, les bourses scolaires ou l’emploi) à plus de 10 000 visiteurs. Je tiens à souligner l’engagement des agents du consulat, qui ne ménagent pas leur temps et leur effort pour répondre au quotidien aux demandes nombreuses de nos compatriotes. Ils réalisent un travail remarquable et je les en remercie.
Nous sommes en dialogue permanent avec les conseillers consulaires, qui sont les élus de proximité. Nous travaillons dès à présent à la préparation des élections présidentielles et législatives de 2017. Comme vous voyez, la France a choisi de maintenir un lien très fort avec ses concitoyens résidents à l’étranger.

En ces jours de rentrée pour les élèves, je voudrais également souligner notre appui au lycée français de Munich, le Lycée Jean Renoir. Il est depuis plus de 60 ans une institution exceptionnelle à Munich, le plus grand établissement géré par l’AEFE en Allemagne, avec près de 1200 élèves. Avec l’Institut français de Munich, c’est un vecteur du rayonnement culturel français. Le Consulat apporte toute son aide au Lycée. Nous gérons aussi un budget de bourses scolaires en liaison avec tous les membres de la commission concernée. Je souhaite une excellente installation à notre nouveau proviseur, M. Philippe Buttani et un plein succès dans son action à Munich !

- Comment avez-vous vécu votre arrivée à Munich il y a maintenant deux ans ?

J’ai toujours eu un attachement très fort pour l’Allemagne et la culture allemande depuis le temps de mes études à Strasbourg. Je vis une sorte de retour aux sources puisque j’ai effectué mon premier poste à l’étranger à l’ambassade de France à Bonn quelques années après la réunification.

La transition a été assez aisée aussi pour ma famille. Les Bavarois sont très accueillants et la région si attachante. Les Bavarois organisent beaucoup de fêtes et sont fiers de leur identité culturelle. C’est quelque chose qui nous plaît évidemment beaucoup à nous Français ! Il faut dire que l’histoire nous rappelle les liens particuliers qui à travers les siècles ont unis la France et la Bavière. Ces jours de septembre 1962, par exemple, où le Général de Gaulle visita Munich et prononça un discours mémorable sur l’amitié franco-bavaroise sont encore gravés ici dans toutes les mémoires.

- Justement, quel regard portent les Bavarois aujourd’hui sur la France ?

Les Bavarois connaissent en général bien la France. Et comme de bons vieux amis, ils peuvent être à la fois bienveillants et parfois aussi très directs.
Je pense que d’une manière générale, la France bénéficie de plusieurs atouts traditionnels : son patrimoine, sa culture, son art de vivre. Ce qui est parfois en revanche moins connu et que nous nous employons à faire découvrir avec les entreprises françaises, les Conseillers du Commerce Extérieur (CCEF) et Business France, c’est cette France qui innove et se place en pointe des technologies créatives. Ce sont par exemple nos universités et nos écoles d’ingénieurs, l’excellence de notre recherche, les succès de nos startups et de la French Tech. La France attire les investisseurs du monde entier et en particulier d’Allemagne et de Bavière. A leur tour, les entreprises françaises sont très actives en Bavière et les partenariats se développent dans de nombreux domaines à forte croissance, de l’automobile au numérique, en passant par l’aéronautique ou l’énergie.

- M. le Consul général, vous avez présidé avec vos collègues aux célébrations de la journée internationale de la Francophonie à Erlangen cette année. Pouvez-vous nous expliquer l’intérêt d’apprendre le français en 2016 étant donné le poids de l’anglais aujourd’hui à l’international ?

C’est une très bonne question. Je pense tout d’abord qu’il faut réfuter l’idée d’une compétition entre les deux langues. La langue française apporte en revanche un plus à quiconque veut pleinement s’ouvrir sur le monde. On estime ainsi que le monde comptera près de 715 millions de francophones en 2040, soit près de 8% de la population mondiale. Il s’agit d’une langue d’avenir et les jeunes Allemands le savent qui s’intéressent beaucoup à notre langue et à notre pays.
Grande innovation de ces derniers mois, nous avons maintenant des jardins d’enfant à Munich qui sont bilingues et bien sûr, dans les Lycées, depuis plusieurs années, des classes Abibac !

- Quelles sont les grandes priorités dans l’action diplomatique du consulat pour l’année 2016/2017 ?

La relation bilatérale entre la Bavière et la France est exceptionnelle : en 2015, une déclaration d’intention a été signée par le Premier Ministre avec le Ministre-Président de Bavière. Nous coopérons avec ce Land de manière très étroite dans des domaines-clés : énergie, recherche, numérique, formation professionnelle. Nous allons continuer de développer de nouveaux projets qui rapprochent nos forces vives et en particulier nos jeunes et nos talents, pour la France et l’Allemagne et pour l’Europe.
Un champ d’action prioritaire est bien sûr celui de la diplomatie économique. C’est l’une des grandes missions d’un Consulat. Cela implique d’abord que soutenions les entreprises françaises en Bavière. Nous sommes pour ce faire en active collaboration avec les conseillers du commerce extérieur de France (CCEF). Je me rends régulièrement dans les salons internationaux de Munich ou de Nuremberg, pour rencontrer les entreprises françaises qui souhaitent s’implanter en Bavière ou exporter leurs produits. Nous organisons également deux fois par an avec les CCEF des dîners économiques franco-bavarois à Munich pour discuter de thématiques d’intérêt commun et échanger les bonnes pratiques. Ces dîners s’inscrivent dans l’esprit de l’initiative Créative France, qui soutient l’innovation française, initiative que le Secrétaire d’Etat M. Mathias Fekl est venu d’ailleurs lancer pour l’Allemagne lors d’un de ces dîners qui s’est tenu en janvier 2016.
Nous aurons dans cette nouvelle année à nouveau des initiatives, en particulier, pour promouvoir la French Tech et l’accueil réciproque spécifiquement de start-ups. Dans d’autres domaines d’attractivité ou de rayonnement pour la France, comme par exemple, dans la culture, la science, le tourisme, la gastronomie avec l’opération « Goût de France », je vous encourage aussi à nous suivre sur internet ou facebook pour vous informer de nos activités.
Comme vous le voyez, les relations franco-bavaroises sont à l’image de la devise des Bavarois, empreintes de tradition et de modernité !

- Il me reste à souhaiter donc à nos visiteurs un bon Oktoberfest !!

En effet, c’est la grande fête annuelle qui est mondialement connue. Le Consulat général de France souhaite à tous nos compatriotes qui choisiraient cette période pour visiter Munich, une belle fête ! et s’ils devaient par exemple perdre leurs papiers, ce que nous ne leur souhaitons évidemment pas bien sûr, mais parfois ce sont des choses qui arrivent- nous sommes fin prêts pour leur fournir toute l’aide nécessaire.. !

- Merci M. le Consul général !

Interview réalisée avec l’appui du stagiaire du Consulat, M. Pierre Delbosc

Dernière modification : 15/09/2016

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