Réfugiés : la répartition implique la protection des frontières extérieures [de]

Déclaration du Président de la République à la presse, réunion des dirigeants sociaux-démocrates européens (Paris, 12. März 2016).

(…) La première [urgence], c’est l’urgence de ce que l’Europe affronte, c’est-à-dire une crise profonde par rapport aux réfugiés. Des réponses ont été apportées ces derniers mois et d’ailleurs nous y avons contribué, mais nous devons faire en sorte que les principes soient bien posés pour que les mesures soient les plus conformes à nos valeurs et les plus efficaces.

Ce qui revient à dire, pour la question des réfugiés, que nous devons faire jouer le mécanisme de répartition, c’est-à-dire de faire que chaque pays s’engage à faire sa part dans l’accueil des réfugiés.

La France, je vous le rappelle, a fixé pour les 2 prochaines années le chiffre de 30.000. Mais pour que ce mécanisme puisse être mis en oeuvre de manière rapide et entière, il faut qu’il y ait la protection des frontières extérieures. Et c’est ce que doit faire l’Europe toute entière. S’il y a la protection des frontières extérieures, nous éviterons le rétablissement des frontières intérieures, les frontières nationales, ce qui d’ailleurs a été mis en place par certains pays de manière unilatérale.

Nous éviterons que la Grèce soit obligée – comme c’est le cas aujourd’hui – de retenir des milliers de réfugiés derrière la frontière, entre la Macédoine et la Grèce et dans des conditions insupportables et pour les personnes et pour la Grèce. Et nous éviterons qu’il puisse y avoir des personnes qui risquent leur vie en traversant la mer Egée de Turquie vers la Grèce.

Au prochain Conseil européen, c’est cette position que nous défendrons, y compris pour aller dans le sens de ce qui a déjà été engagé avec la Turquie, puisque la Turquie s’est engagée à reprendre les réfugiés et les migrants qui seraient allés irrégulièrement vers la Grèce.

Des contreparties ont été prévues, chacun les connaît mais il ne doit y avoir aucune concession en matière de droit de l’homme ou de critères, ce qui vaut pour la libéralisation des visas. Nous avons même fait en sorte que cela puisse – dans le contexte que l’on connaît – être un facteur de clarification et de transparence dans les rapports entre la Turquie et l’Europe, y compris pour les négociations qui sont d’ailleurs engagées depuis plusieurs années. (…)

Dernière modification : 31/05/2016

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